Entretien d'embauche en anglais : réussir au Québec

« Parfait. Si ça ne vous dérange pas, on va poursuivre en anglais. » Au Québec, cette phrase arrive souvent au milieu de l'entrevue, dès que le poste est affiché comme bilingue. Pour beaucoup de francophones, c'est là que tout se joue : on était à l'aise, et soudain les réponses raccourcissent. Un entretien d'embauche en anglais ne demande pourtant pas un anglais parfait. Il demande quelques réponses bien préparées, une structure claire et une prononciation assez nette pour qu'on vous suive sans effort. Voici les questions qui reviennent, la méthode STAR, les pièges propres aux francophones, et un plan de pratique avec les vidéos pour préparer un entretien en anglais.
Le poste bilingue : à quoi s'attendre
Dans un poste bilingue au Québec, la partie en anglais sert surtout à vérifier une chose : pouvez-vous travailler avec des clients, des collègues ou un siège social anglophones ? Selon l'employeur, elle prend plusieurs formes :
- Quelques questions en anglais au milieu de l'entrevue, souvent les plus classiques (« Tell me about yourself »).
- Une entrevue entière en anglais, fréquente quand le gestionnaire ou l'équipe est à Toronto, à Calgary ou aux États-Unis.
- Une mise en situation : répondre à un client mécontent, résumer un dossier à un collègue.
Dans tous les cas, l'évaluateur ne compte pas vos fautes de grammaire. Il se demande si la communication sera fluide au quotidien. Votre objectif est donc d'être clair et à l'aise, pas brillant.
Dans la fonction publique fédérale, c'est un peu différent : le niveau à l'oral est mesuré par un test formel, que nous détaillons dans notre guide sur l'examen oral ELS en anglais.
Les questions classiques d'un entretien d'embauche en anglais
1. « Tell me about yourself »
La question d'ouverture par excellence, et celle qu'on rate le plus souvent en récitant son CV. Visez 60 à 90 secondes en trois temps : présent (votre poste actuel), passé (ce qui vous a mené là), futur (pourquoi ce poste-ci).
« I'm currently a customer service team lead at a logistics company in Laval, where I manage a team of eight agents. Before that, I spent four years in sales, which taught me how to deal with demanding clients. I'm now looking for a role where I can use both my French and my English every day, and that's exactly what this position offers. »
Pour entendre plusieurs façons de construire cette réponse, faites du shadowing sur ces exemples de réponses à « Tell me about yourself ».
2. « What is your greatest weakness? »
Évitez le faux défaut (« I'm a perfectionist »). Choisissez un vrai point faible, sans lien direct avec le cœur du poste, et montrez ce que vous faites pour vous améliorer. Pour un poste bilingue, votre anglais lui-même peut être une réponse honnête et efficace :
« Honestly, I used to be less comfortable speaking English in meetings than in writing. So over the past year, I've been practising every day, and I now run our weekly call with the Toronto team. »
Cette vidéo sur la façon de parler de ses faiblesses en entrevue vous donne d'autres formulations à répéter.
3. « Why did you leave your last job? »
Restez positif et tourné vers l'avenir. On ne critique jamais un ancien employeur, même s'il le mérite.
« I learned a lot there, but I was looking for more responsibility and a chance to work in a bilingual environment. »
Pour pratiquer, ce balado accessible sur la question « Why did you leave your last job? » propose des réponses simples et naturelles.
4. Les questions de mise en situation
« What would you do if a client called you, very upset, about a late delivery? » Ici, on teste votre jugement et votre capacité à parler au conditionnel. Commencez par la priorité (écouter, rassurer), puis les étapes, puis le suivi. Ce guide sur les questions de mise en situation en entrevue est un excellent support de shadowing.
La méthode STAR, version anglaise
Pour toutes les questions du type « Tell me about a time when… », utilisez la structure STAR :
- Situation : le contexte, en une phrase. « Last year, our biggest client threatened to cancel their contract. »
- Task : votre rôle. « As the account manager, I had to keep them on board. »
- Action : ce que vous avez fait, vous, au passé. « I set up a weekly call, identified the three main issues and fixed them one by one. »
- Result : le résultat, chiffré si possible. « They renewed for two more years. »
Préparez quatre ou cinq histoires STAR (un conflit, un échec, une réussite, une priorité urgente, un travail d'équipe). Elles couvrent presque toutes les questions comportementales. Attention à la partie « Action » : elle est entièrement au passé, et c'est là que les terminaisons -ed disparaissent.
Les pièges de prononciation propres aux francophones
Votre accent ne vous fera pas perdre le poste. En revanche, certains réflexes du français rendent les réponses plus difficiles à suivre, surtout au téléphone ou en visioconférence.
- L'accent tonique en fin de mot. Le français accentue la dernière syllabe ; l'anglais, non. Les mots du travail en souffrent : MAnager (pas « manaGER »), deVElop, exPErience, CUStomer, COLleague. Notre guide sur l'intonation et l'accent tonique détaille ces règles.
- Le « h » oublié. « I 'ave 'andled » au lieu de « I have handled ». Le h aspiré est un petit souffle, à exagérer en pratique.
- Le « th ». « I sink » pour « I think » : en entrevue, on dit I think vingt fois. Ça vaut la peine de le corriger.
- Une mélodie plate. En anglais, la voix monte sur le mot important et descend en fin de phrase. Si vous montez à la fin de chaque phrase, vous donnez l'impression de douter de vos propres réponses.
Pas besoin de choisir entre un accent britannique et un accent américain pour un poste au Canada ; si la question vous travaille, lisez notre article accent britannique ou américain : lequel choisir ?
Les pièges de grammaire et de vocabulaire à surveiller
- « I work here since 2019 » → I've been working here since 2019. Le présent du français devient un present perfect en anglais.
- « I have 10 years of experience in » : correct ! Mais on dit experience in sales ou experience with clients, pas « experience on ».
- « Responsible of » → responsible for.
- « Actually » ne veut pas dire « actuellement » (currently), mais « en fait ».
- « Eventually » ne veut pas dire « éventuellement » (possibly), mais « finalement, à terme ».
- Le vocabulaire courant du bureau passe souvent par des verbes à particule : follow up, set up a meeting, take over a file. Notre liste de phrasal verbs à apprendre par le shadowing vous aidera à les placer naturellement.
Gagner en fluidité : un plan de 2 semaines
La plupart des entrevues arrivent vite après l'appel du recruteur. Voici un plan réaliste de 20 à 30 minutes par jour.
Jours 1 à 4 : écouter et répéter
- Une vidéo d'entrevue par jour, en shadowing phrase par phrase.
- Notez cinq expressions réutilisables : I'm currently…, What I enjoy most is…, That's a great question.
Jours 5 à 9 : vos propres réponses
- Rédigez vos réponses aux quatre questions classiques et à trois histoires STAR, en phrases courtes.
- Lisez-les à voix haute, enregistrez-vous, puis réécoutez en vérifiant l'accent tonique et les -ed.
- Ne les apprenez pas par cœur mot à mot : retenez les idées et les blocs de phrases. Une réponse récitée s'entend tout de suite.
Jours 10 à 14 : simulation
- Demandez à quelqu'un de vous poser les questions dans le désordre, avec des relances.
- Entraînez-vous aussi à la bascule : commencez en français, puis passez à l'anglais sans transition. C'est le scénario typique d'une entrevue pour un poste bilingue.
- Pour monter en aisance, ajoutez des extraits de niveau B2 et quelques vidéos d'anglais des affaires.
Le principe est le même que pour la partie 1 de l'oral de l'IELTS, où l'on parle de soi et de son travail : si vous cherchez plus d'exercices de ce type, notre page sur la pratique de l'oral de l'IELTS en propose beaucoup.
Le jour de l'entrevue
- Échauffez-vous en anglais 10 minutes avant : un court shadowing suffit à « mettre la bouche » en anglais.
- Ralentissez. Le stress accélère le débit, et un débit rapide aggrave l'accent. Une réponse plus lente paraît plus sûre.
- Demandez de répéter si besoin : « Sorry, could you repeat the question? » C'est parfaitement normal.
- Préparez vos questions finales : « What does success look like in this role after six months? »
Préparez votre entretien sur ShadowingEnglish
Sur ShadowingEnglish, vous pratiquez avec des vidéos d'entrevue découpées phrase par phrase : vous écoutez, vous répétez, vous vous enregistrez. L'IA note votre prononciation et fait une analyse son par son, pour vous montrer exactement où l'accent tonique, le « th » ou le -ed vous trahissent. Quelques séances suffisent pour que « Tell me about yourself » sorte sans hésitation. Choisissez une vidéo d'entrevue et commencez votre préparation dès aujourd'hui.
