ShadowingEnglishShadowingEnglish

Parler anglais au Québec : les pièges du franglais

7 min de lectureÉquipe Shadowing
Parler anglais au Québec : les pièges du franglais

Au Québec, l'anglais n'est jamais très loin. On l'entend à la radio, dans les séries, dans les réunions avec le bureau de Toronto, et dans le français de tous les jours : on « book » un rendez-vous, on a une « deadline », on trouve un film « le fun ». Paradoxalement, cette proximité peut compliquer les choses quand vient le temps de parler anglais au Québec pour vrai, au travail ou en entrevue. Certains mots semblent anglais mais ne veulent pas dire la même chose, d'autres gardent une prononciation bien québécoise. Ce guide passe en revue ces pièges du franglais, sans caricature, et propose une façon concrète de les corriger grâce à la pratique efficace de l'anglais oral.

Si vous cherchez plutôt les erreurs de prononciation communes à tous les francophones (le « h », les voyelles longues, l'accent tonique), elles sont détaillées dans notre article sur les erreurs de prononciation en anglais des francophones. Ici, on se concentre sur ce qui est propre au Québec.

Le bon côté : les anglicismes qui sont du bon anglais

Commençons par une nouvelle rassurante. Beaucoup d'expressions qu'on corrige en français parce que ce sont des anglicismes sont… parfaitement correctes en anglais. Vous pouvez les utiliser sans crainte :

C'est un vrai avantage par rapport à un francophone d'Europe : votre français québécois vous a déjà donné une partie des tournures idiomatiques de l'anglais. Le problème vient d'ailleurs.

Parler anglais au Québec : les calques qui trahissent

Un calque, c'est une expression traduite mot à mot. En voici quelques-uns qu'on entend souvent dans les bureaux québécois quand on passe à l'anglais.

Les prépositions

Les faux amis du bureau

Les mots québécois qui ont changé de sens

Certains mots ont été empruntés à l'anglais il y a longtemps, puis ont pris une vie propre au Québec :

Les emprunts « à la québécoise » qui suivent dans votre anglais

Voici un piège plus subtil. Des mots comme weekend, parking, meeting, cute ou fun font partie du français québécois courant, avec une prononciation adaptée au français. Le jour où vous parlez anglais, votre bouche reprend spontanément cette version québécoise, parce que c'est celle que vous avez dite des milliers de fois.

Ces mots sont faciles à corriger justement parce que vous les connaissez déjà. Il suffit de les « réapprendre » à l'oreille, en les entendant dans la bouche d'un anglophone. Et si le « th » de think ou this vous résiste aussi, notre guide pour prononcer le th en anglais s'en occupe.

« Je comprends tout, mais je bloque à l'oral »

C'est probablement la phrase qu'on entend le plus chez les Québécois, surtout à Montréal. Vous comprenez vos collègues anglophones, vous suivez une série sans sous-titres, vous lisez vos courriels en anglais sans effort… mais dès qu'il faut répondre, les mots arrivent lentement.

L'explication est simple : la compréhension et la production sont deux compétences différentes. Des années d'exposition passive (radio, télé, musique, conversations entendues dans le métro) ont entraîné votre oreille, pas votre bouche. Votre cerveau reconnaît « Can you send me the deck before the call? » instantanément, mais n'a jamais eu à fabriquer cette phrase lui-même.

Regarder plus de séries n'y changera pas grand-chose. Il faut transformer l'écoute en parole, et c'est précisément ce que fait le shadowing. Notre article pour apprendre l'anglais avec des séries de façon active explique comment passer du visionnage passif à la répétition à voix haute.

Le code-switching : un atout, mais aussi une béquille

À Montréal, passer d'une langue à l'autre dans la même conversation est tout à fait normal. Le fameux « Bonjour-Hi » en est le symbole. C'est une vraie richesse, mais elle a un effet secondaire : dès que vous hésitez, quelqu'un bascule en français pour vous aider, ou vous basculez vous-même. Résultat, vous ne pratiquez jamais les moments difficiles, ceux où il faut trouver une formulation sans filet.

Quelques réflexes pour en profiter sans vous y enfermer :

Un plan de 3 semaines pour corriger le franglais

Comptez 15 à 20 minutes par jour.

Semaine 1 : repérer

Semaine 2 : remplacer

Semaine 3 : s'exposer à l'anglais canadien

Corrigez votre franglais sur ShadowingEnglish

Sur ShadowingEnglish, chaque vidéo est découpée phrase par phrase : vous écoutez un anglophone, vous répétez, vous vous enregistrez. L'IA note votre prononciation et fait une analyse son par son, ce qui montre tout de suite si votre parking finit encore en « -inne » ou si votre fun sonne québécois. Vous comprenez déjà l'anglais ; il reste à le faire passer de l'oreille à la bouche. Choisissez une vidéo de la vie au bureau et lancez votre première séance dès aujourd'hui.

Passez à la pratique

Choisissez une vidéo et faites du shadowing phrase par phrase — le moyen le plus rapide de transformer ces conseils en vraie aisance orale.